‹ FablesChapitre 287 sur 343 · LIVRE XI. FA^LE IX · texte numérisé non relu

LIVRE XI. FA^LE IX

Voici pourtant un cas qui peut être excepté : Je le maintiens prodige, et tel que d'une fable M a l*air elles traits, encor que véritable.

On abattit un pin pour son antiquité, Yieux palais d un hibou, triste et sombre retraite De Toiseau qu'Atropos * prend pour son interprète. Dans son tronc caverneux, et miné par le temps,

Logeaient, entre autres habitants.

Force souris sans pieds, toutes rondes de graisse. L*oiseau les nourrissait parmi des tas de blé, Et de son bec avait leur troupeau mutilé.

Cet oiseau raisonnait, il faut qu'on le confesse. En son temps aux souris le compagnon chassa Les premières qu'il prit du logis échappées, Pour y remédier, le drôle estropia Tout ce qu'il prit ensuite, et leurs jambes coupées Firent qu'il les mangeait à sa commodité.

Aujourd'hui l'une et demain l'autre .

Tout mançer à la fois, rimçossibilité S'y trouvait, joint aussi le soin de sa santé. Sa prévoyance allait aussi loin que la nôtre :

Elle allait jusqu'à leur porter

Vivres et grains poui^ subsister.

V\i\9 qu'un cartésien s'obstine A traiter ce hibou de monstre U de machine !

Quel ressort lui pouvait donner Le conseil de tronquer un peuple mis en mue ?

Si ce n'est pas là raisonner,

La raison m'est chose inconnue.

Voyez que d'arguments il fit :

Quand ce peuple est pris, il s'enfuit ; Donc il faut le croquer aussitôt qu'on le happe. Tout ? il est impossible. Et puis pour le besoin N'en dois-je point garder? Donc il faut avoir soin

De le nourrir sans qu'il échappe.

* L'une des trois Parques

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