‹ FablesChapitre 295 sur 343 · LE CHAT ET LES DEUX MOINEAUX A MONSEIGNRDR LE DOC DE BOURGOGNK · texte numérisé non relu

LE CHAT ET LES DEUX MOINEAUX A MONSEIGNRDR LE DOC DE BOURGOGNK

Un chat, contemporain d*un fort jeune moineau, Fut logé près de lui dès l'âge du berceau :

La cage et le panier avaient mêmes pénates.

Le chat était souvent agacé par l'oiseau :

L'un s'escrimait du bec ; l'autre jouait des pattes. Ce dernier toutefois épargnait son ami,

Ne le corrigeant qu'à demi :

11 se fût fait un grand scrupule

D'armer de pointes sa férule.

Le passereau, moins circonspect.

Lui donnait force coups de bec.

En sage et discrète personne,

Maître chat excusait ces jeux :

Entre amis il ne faut jamais qu'on s'abandonne

Aux traits d'un courroux sérieux.

Comme ils se connaissaient tous deux dès leur bas âge, Une longue habitude en paix les maintenait ; Jamais en vrai combat le jeu ne se tournait :

Quand un moineau du voisinage S'en vint les visiter et se fit compagnon Du pétulant Pierrot et du sage Raton.

Entre les deux oiseaux il arriva querelle :

El Raton de prendre parti.

Cet inconnu, dit-il, nous la vient donner belle,

D'insulter ainsi notre ami I Le moineau du voisin viendra manger le nôtre ; Non, de par tous les chats ! Entrant lors au combat, 11 croque l'étranger. Vraiment, dit maître chat, Les moineaux ont un goût exquis et délicat 1 Cette réflexion fit aussi croquer l'autre.

Quelle morale puis-je inférer de ce fait?

Sans cela, toute fable est un œuvre imparfait.

J'en crois voir quelques traits • mais leur ombre m'abuse.

Page 1