‹ FablesChapitre 316 sur 343 · LIVRE XII. FABLE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XII. FABLE XV

Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien J'en fais juge un amant, et ne décide rien.

La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble.

Celui-ci n'était pas encor privé des yeux.

Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble

Là-dessus le conseil des dieux;

L'autre n'eut pas la patience ; Elle lui donne un coup si furieux,

Qu'il en perd la clarté des cieux.

Vénus en demande vengeance.

Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris :

Les dieux en furent étourdis,

Et Jupiter, et Némésis, Et les juges d'enfer, enfin toute la bande.

Elle représenta Ténormité du cas ; Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas : Nulle peine n'était pour ce crime assez grande ; Le dommage devait être aussi réparé.

Quand on eut bien considéré L'intérêt du public, celui de la partie.

Le résultat enfin de la suprême cour

Fut de ( ondamner la Folie

A servir de guide à TAmour.

Page 1