‹ FablesChapitre 32 sur 343 · UE LOUP PLAIDANT CONTRE LE RENARD PAR-DEVANT LE SINGE · texte numérisé non relu

UE LOUP PLAIDANT CONTRE LE RENARD PAR-DEVANT LE SINGE

Un loup disait que Ton l'avait volé :

Un renard, son voisin, d'assez mauvaise vie, Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.

Devant le singe il fut plaidé, Non point par, avocats, mais par chaque partie.

Thémis n'avait point travaillé.

De mémoire de singe, à fait plus embrouillé.

Le magistrat suait en son lit de justice.

Après qu'on eut bien contesté,

Réj;)liqué, crié, tempesté,

Le juge, instruit de leur mailce.

Leur dit : Je vous connais de longtemps, mes amis ;

Et tous deux vous paierez l'amende :

Ç»r toi, loup, tu te plams, quoiqu'on ne t'ait rien pris ; Et toi, renard, as pris ce que l'on te demande. Le juge prétendait qu'à tort et à travers, On ne saurait manquer, condamnant un pervers.

■ (Quelques personnes de bon sens ont cru que rimpossibilité et la contmuetion qui est dans le jugement de ce singe était une chose à censurer ; mais je ne m'en suis servi qu'après Phèdre, et c'est en cela que consiste le bon mot, selon mon avis.

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