‹ FablesChapitre 329 sur 343 · U^BE XII. FABLE XXÏII · texte numérisé non relu

U^BE XII. FABLE XXÏII

En faveur de votre patrie Vous l'aimez. Les Anglais pensent profondément; Leur esprit, en cela, suit leur tempérament ; Creusant dans les su;ets, et forte d expériences^ Ils étendent partout l'empire des sciences.

Je ne dis point ceci pour vous Caire ma cour : /os gens, à pénétrer» remportent sax les autres ;

Même les chiens de leur séjour ^

Ont meilleur nex que n'ont les nôtres.

Vos renards sont plus ii&s ; ^e m'en vais le prouver

Par un d'eax, qù, pour se sauver.

Mit en usage un stratagème Non encor pratiqué, des mieux imaginés.

Le scélérat, réduit en un péril extrême.

Et presque mis h bout par ces chiens au bon nez,

Passa près d'un patibulaire ".

Là des animaux ravissants.

Blaireaux, renards, hiboux, race encline à mal faire, Pour l'exemple pendus, instruisaient les passants. Leur confrère aux abois entre ces morts s'arrange. Je crois voir Annibal qui, pressé des Romains, Met leur chef en défaut, ou leur donne le change. Et sait, en vieux renard, s'échapper de leurs mains.

Les clefs de meute*, parvenues A l'endroit où pour mort le traître se pendit. Remplirent Tair de cris : leur maître les rompit, Bien que de leurs abois ils perçassent les nues. Il ne put soupçonner ce tour assez plaisant.

Quelque terrier, dit-il, a sauvé mon galant : Mes chiens iVappellent point au delà des colonnes -

Où sont ♦ant d'honnêtes personnes.

Il y viendra, le drôle r II v vint, à son dam.

Voilà maint basset ciabaudant ; Voilà notre renard au charnier se guindant.

* Gibet. , .

■ Chiens bien dressés qui dirigent les autres.

' Des fourches patibulaiies-

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Maître pendu cnjyait (ju'il en irait de même Que le jour qu'il tendit de semblables jyanneaùx ; Mais le pauvret, ce coup, y laissa ses housseaux * : Tant il est vrai qu'il faut changer de stratagème ! Le chasseur, pour trouver sa propre sûreté.

N'aurait pas cependant un tel tour inventé ; Non point par peu d'esprit :, est-il quelqu'un qnî nie Que tout Anglais n'en ait bonne provision ?

Mais le peu d'amour pour la vie

Leur nuit en mainte occasion.

Je reviens à vous, non pour dire

D'autres traits sur votre sujet ;

Tout long éloge est un projet

Peu favorable pour ma lyre :

Peu de nos chants, peu die nos vers, Par un encens flatteur amusent l'univers.

Et se font écouter des nations étranges.

Votre prince vous dit un jour

Qu'il aimait mieux un trait d'amour

Que quatre pages de louanges.

Agréez seulement le don que je vous £»is-

Des derniers efforts de ma muse.

C'est peu de chose ; elle est confuse

De ces ouvrages imparfait».

Cependant ne pourriez-vous faire

Que le même hommage pût fdaire A celle qui remplit vos climats d'babitants

Tirés de l'île de Cythère?

Vous voyez par là que j'entends Mazarin, des Amours déosse lutélaire.

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