LA LICE ET SA COM PAGNE
Une lice étant sur ^on terme, Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
* S'en sont moqaé««
* Garnie de plumes.
Fait si bien qu'à la fin sa compagne consent De lui prêter sa hutte, où la lice s'enferme. Au bout de quelque temps sa compagne revient. La lice lui demande encore une quinzaine ; Ses petits ne marchaient, disait-elle qu'à peine.
Pour faire court, elle l'obtient.
Ce second terme échu, l'autre lui redemande
Sa maison, sa chambre, son lit.
La lice cette fois montre les dents, et dit : Je suis prête à sortir avec toute ma bande
Si vous pouvez nous mettre hors.
Ses enfants étaient déjà forts.
Co qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette Pour tirer d'eux ce gu'on leur prête.
Il faut que l'on en vienne aux coups ; Il faut plaider; il faut combattre.
Laissez-leur prendre un pied chez vous :
Us en auront bientôt pris quatre.
L'Aie L- ET L'ESCARBOT*
L'aigle donnait la chasse à maître Jean lapin, Qui droit à son terrier s'enfuyait au plus vite. Le trou de Tescarbot se rencontre en chemin.
Je laisse à penser si ce gîte Etait sûr : mais où mieux? Jean lapin s'y blottit. L'aigle fondant sur lui nonobstant cet asile,
L'escarbot intercède et dit :
Princesse des oiseaux, il vous est fort facile D'enlever malçré moi ce pauvre malheureux :
Mais ne me faites pas cet affront, je vous prie ; Et puisque Jean lapin vous demande la vie.
Donnez-la-lui, de grâce, ou Tôtez à tous deux :
C'est mon voisin, c'est mon compère.
L'oiseau de Jupiter, sans répondre un seul mot,
Choque de Taile l'escarbot,
L'étourdit, l'oblige à se taire, Enlève Jean lapin. L'escarbot indigné,
* Coléoplère ayant quelque analogie avec le hanneton.