LIVRE II. FABLE XVI
Je viens le Tannoncer ; descends que je l'embrasse :
Ne me retarde point, de grâce ; Je dois faire aujourd hui vingt postes sans manquer.
Les tiens et toi pouvez vaquer,
Sans nulle crainte, à vos affaires ;
Nous vous y servirons en frères.
Faites-en les feux * dès ce soir,
Et cependant viens recevoir
Le baiser d*amour fraternelle.
Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle Que celle De cette paix ;
Et ce m'est une double joie Oe la tenir de toi. Je vois deux lévriers,
Qui, je m'assure, sont c(virriers
Que pour ce sujet on envoie :
Ils vont vite et seront dans un moment à nous. Je descends : nous pourrons nous entre-baiser tous. Adieu, dit le renard, ma traite est longue à faire : Nous nous réjouirons du succès de l'affaire Une autre fois. Le galant aussitôt
Tire ses grègues *, gagne au haut.
Mal content de son stratagème.
Et notre vieux coq en soi-même
Se mit à rire de sa jpeur ; Car c'est double plaisir de tromper le trompeur.