LIVRE IV. FABLE I. IH
Être admis dans notre alliance.
Pourquoi non? puisque leur engeance Valait la nôtre en ce temps-là, Ayant courage, intelligence, Et belle hure outre cela.
Yoici comment il en alla :
Un lion de haut parentage,
En passant par un certain prc.
Rencontra bergère à son gré :
Il la demande en mariage.
Le père aurait fort souhaité
Quelque gendre un peu moins terriUe.
La donner lui semblait bien dur :
La refuser n'était pas sûr ;
Même un refus eût fait, possible.
Qu'on eût vu quelque beau matin
Un mariage clandestin :
Car, outre (ju'en toute manière
La beUe était pour les gens fiers,
Klle se coiffe volontiers
D'sunouFeux à longue crinière.
Le père donc ouverteinent
N'osant renvoyer notre amant,
Lui dit : Ma fille est délicate .
Vos griffes la poun^ont blesser
Quand vous voudrez la caresser.
Permettez donc qu'à cha<|ue patte
On vous les rogne ; et, pour les dents.
Qu'on vous les lime en même temps :
Vos baisers en seront moins rudes.
Et pour vous plus délicieux ;
Car ma fille y répondra mieux.
Étant sans ces inquiétudes.
Le lion consent à cela,
Tant son àme était aveuglée î
Sans dents ni griffes le voilà,
Gonune place démantelée.