U6 LIVRE IV. FABLE IV
Il est sorcier, je crois. — Sorcier ! Je Yen défie.
Repartit le seigneur : fùt-il diable, Miraut,
En dépit de ses tours, l'attrapera bientôt.
Je TOUS en déferai, bonhomme, sur ma vie. —
Et quand? — Et dès demain, sans tarder plus longtemps.
La partie ainsi faite, il vient avec ses gens.
Çà, déjeunons, dit-il : vos poulets sont-ils tendres?
La fille du loo[is, qu'on vous voie ; approchez :
Quand la marierons-nous? quand aurons-nous des gendres?
Bonhomme, c'est ce coup qu'il faut, vous m'entendez.
Qu'il fkut fouiller à l'escarcelle.
Disant ces mots, il fait connaissance avec elle.
Auprès de lui la fait asseoir.
Prend une main, un bras, lève un coin damouchoir ;
Toutes sottises dont la belle
Se défend avec un grand res^t :
Tant qu'au père, à la fin, cela devient suspect. Cependant on fiicasse, on se rue en cuisine. — De quand sont vos jambons? Ds ont fort bonne mine. —' Monsieur, ils sont à vous. — Vraiment, dit le seigneur,
Je les reçois, et de bon cœur.
U déjeune très-bien ; aussi fait sa famille.
Chiens, chevaux et valets, tous gens bien endentés : U commande chez l'hôte, y prend des libertés,
Boit son vin, caresse sa fîile.
L'embarras des chasseurs succède au déjeuné.
Chacun s'anime et se prépare :
Les trompes et les cors font un tel tintamarre.
Que le bonhomme est étonné.
Le pis fut que Ton mit en pileux équipage Le pauvre potager : adieu planches, carreaux ;
Adieu (^icorée et poireaux ;
Adieu de quoi mettre au potage.
Le lièvre était gité dessous un maître chou.
On le quête, on le lance : il s'enfuit par un trou, Non pas trou, mais trouée, horrible et large plaie
. Que l'on fit à la pauvre haie Par ordre du seigneur; car il eût été mal