LIVRE IV. fABLE XII. 1i
Les beautés de ces lieux, les mœurs èes habitants. Et le gouvernement de la chose publicpe
Aquatique.
Un point sans plus tenait le galant empêché : Il nageait quelque peu, mais il fallait de Taide. La grenouille à cela trouve un très-bon remède . Le rat fut à son pied par la patte attaché ;
Un brin de jonc en fit Taffaire.
Dans le marais entrés, notre bonne commère S'efforce de tirer son hôte an fond de Feau, Conlrc le droit des gens, contre la foi jurée ; Prétend qu'elle en fera gorge-chaude et curée : C'était, à son avis, un exceUent morceau. Déjà, dans son esprit, la galande le croque.
II atteste les dieui ; la perfide s'en moque : II résiste ; elle tire. En ce combat nouveau. Un milan qui, dans Tair, planait, faisait la ronde. Voit, d'en haut le pat^vret se débattant sur l'onde, 11 fond dessus, l'enlève, et, par même moyen,
La grenouille et le lien.
Tout en fut, tant et si bien
Que de cette double proie
L'oiseau se donne au cœur joie.
Ayant, de cette façon,
A souper chair et poisson.
La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur ; Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur.
TRtaUT ENVOVÉ PAR LES ANIMAUX A ALEXANDRE
Une ùiAe avait cours parmi l'antiquité ; Et la raison ne m'en est pas connue.
Que le lecteur en tire une moralité; Voici la fable toute nâe.