‹ FablesChapitre 90 sur 343 · LE LOUP, LA CHÈVRE ET LE CHEVREAU · texte numérisé non relu

LE LOUP, LA CHÈVRE ET LE CHEVREAU

La bique, allant remplir sa traînante mamelle. Et naître l'herbe nouvelle.

Ferma sa porte au loquet,

IN'on sans dire à son biquet :

Gardez-vous, sur votre vie,

D'ouvrir que Ton ne vous die,

Pour enseigne et mot du guet :

Foin du loup et de sa race î

Comme elle disait ces mots.

Le loup, de fortune *, passe;

11 les recueille à propos.

Et les garde en sa mémoire.

La bicjue, conmie on peut croire,

N'avait pas vu le glouton.

Dès qu'il la voit partie, il contrefait son ton

Et, d'une voix papelarde *, lï demande qu'on ouvre, en disant : Foin du loup î

Et croyant entrer tout d'un coup.

Le biquet soupçonneux par la fente regarde :

Montrez-moi patte blancne, ou je n'ouvrirai point.

* ?ar haiard.

*IIypocrit'-

Page 1