LE VIEILLARD -ET SES ENFANTS
Toute puissance est faible, à moins que d'être unie :
Écoutez là-dessus l'esclave de Phrygie.
Si j'ajoute d" inien à son invention,
C'e?t '^our peindre nos mœurs, et non point par envie ;
Se SUIS trop au-dessous de cette ambition.
Phèdre encliérit souvent par un motif de gloire ;
Pour moi, de tels pensers me seraient mal séants.
Mais venons à la fable ou plutôt à l'histoire
De celui qui tâcha d'unir tous ses enfants.
Un vieillard près d'aller où la mort l'appelait : Bfes chers enfants, dit-il (à ses fils il parlait). Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble ; Je vous expliquerai le nœud qui les assemble. L'aîné les ayant pris, et fait tous ses efforts. Les rendit en disant : Je le donne aux plus forts. Un second lui succède et se met en posture.
Mais en vain. Un cadet tente aussi l'aventure. Tous perdirent leur temps : le faisceau résista ; De ces dards joints ensemble un seul ne s'éclata. Faibles gens, dit le père, il faut que je vous montre Ce que ma force peut en semblable rencontre.