‹ Fables (volume 2)Chapitre 117 sur 136 · LA GUÊPE ET L'ABEILLE · texte numérisé non relu

LA GUÊPE ET L'ABEILLE

Dans le calice d'une fleur

La guêpe un jour voyant l'abeille,

S'approche en l'appelant sa sœur.

Ce nom sonne mal à l'oreille

De l'insecte plein de fierté,

Qui lui répond : « Nous sœurs ! ma mie,

Depuis quand cette parenté ?

— Mais c'est depuis toute la vie, Lui dit la guêpe avec courroux; Considérez-moi, je vous prie :

J'ai des ailes tout comme vous, Même taille, même corsage;

Et, s'il vous en faut davantage, Nos dards sont aussi ressemblants.

— Il est vrai, répliqua l'abeille ; Nous avons une arme pareille, Mais pour des emplois différents :

La vôtre sert votre insolence,

La mienne repousse l'offense; Vous provoquez, je me défends. »

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