‹ Fables (volume 2)Chapitre 83 sur 136 · LE PARRICIDE · texte numérisé non relu

LE PARRICIDE

Un fils avoit tué son père.

Ce crime affreux n'arrive guère Chez les tigres, les ours; mais l'homme le commet. Ce parricide eut l'art de cacher son forfait ; Nul ne le soupçonna : farouche et solitaire. Il fuyoit les humains, il vivoit dans les bois, Espérant échapper aux remords comme aux lois. Certain jour on le vit détruire à coups de pierre

Un malheureux nid de moineaux.

« Eh ! que vous ont fait ces oiseaux ?

Lui demande un passant : pourquoi tant de colère ?

— Ce qu'ils m'ont fait? répond le criminel: Ces oisillons menteurs, que confonde le Ciel, Me reprochent d'avoir assassiné mon père. » . Le passant le regarde : il se trouble, il pâlit;

Sur son front son crime se lit :

Conduit devant le juge, il l'avoue et l'expie.

O des vertus dernière amie, Toi qu^on voudroit en vain éviter ou tromper, Conscience terrible, on ne peut t'échapper !

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