‹ FablesChapitre 122 sur 172 · VI. LE CORBEAU · texte numérisé non relu

VI. LE CORBEAU

Savez-vous pourquoi le corbeau A ce cri rude ? Non, Écoutez son histoire.

Les dieux, en le créant, ne le firent pas beau : Air commun, bec grossier, pieds courts et robe noire.

Mais, s'il ne charmait pas les yeux.

Il avait en partage un chant mélodieux.

Rival heureux de Philomèle, Il savait cadwicer, filer un son comme elle.

Un jour que, préludant à son chant matinal.

Perché sur un orme il gazouille,

De sa voix rauque une grenouille Faisait dans son marais un vacarme infernal.

Tous les chantres du bois sont réduits à se taire.

Le corbeau, quelque peu moqueur,

En récoutant, rit de bon cœur,

Puis se mit à la contrefaire.

LIVBE V. 157

Si souvent et si bien notre oiseau l'imita, Que son vilain cri lui resta.

Page 1