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LIVRE V

« Cette voix sinistre, dit-elle, M'annonce un malheur ! » £t sa main Ne guide plus la haridelle Qui, heurtant un caillou, chancelle Et tombe au milieu du chemin.

Jeanne, œufs, paniers, tout déménage Et roule sens dessus dessous.

Attribuant tout le dommage A la corneille, à son ramage, La dame s'écrie en courroux :

a Maudits soient tes fatals augures, Toi dont le gosier croassant Présage accidents, vols, parjures. . . »

— « Arrêtez ce torrent d'injures, Bonne femme, dit un passant ;

La jument est vieille, elle butte.

Surveillez-la mieux désormais ; Tel plus d'un sot, qui doit sa chute A sa seule imprudence, impute Ses malheurs à qui n'en peut mais. »

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