I. LE COQ ET LE PAON
Un paon, dans une basse-cour,
A la poule disait un jour :
« Do quel air arrogant ce coq porte sa tête I
Gomme en maître il marche et s'arrête !
Comme il se dresse et bat ses flancs I
Quels regards, quels cris insolents !
Avec quel despotisme il force tes égales A suivre tous ses pas, comme d*hu^lbles vassales ! Nul n*en peut approcher sans éprouver son choc. Et rhomme cependant, voilà ce qui me blesse, Ne dit jamais : orgueilleux comme un coq, Orgueilleux comme un paon, répète-t-il sans cesse. — C'est qu'on est glorieux de plus d'une façon.
Dit la poule, et l'homme a raison :
Le coq est à bon droit fier de sa vigilance ; C'est lui qui de l'aurore annonce le retour, C'est lui qui le premier sur l'ennemi s'élance,
Quand les objets de son amour
Sont menacés ; mais toi, sans vigueur, sans courage, Vain ornement de basse-cour, Tu n*es fîer que de ton plumage. »