‹ FablesChapitre 9 sur 172 · VL LE CHEVAL DE L^ARABE · texte numérisé non relu

VL LE CHEVAL DE L^ARABE

Près du feu d'un bivac, drapés dans leurs manteaux,

Un choik, un officier, causaient do leurs chevaux,

— Entretien favori de nos guerriers d'Afrique. —

« Le mien, dit le Français, est vif, souple, énergique ; U ne craint ni le feu, ni le fer, ni Tairain. Mais, malgré son ardeur, il obéit au frein, £t dans plus d'un combat il m'a sauvé la vie. De tous mes compagnons il excite l'envie ;

J'en suis fier ; et pourtant combien Ton coursier, brave cheik, l'emporte sur le mien ! Tu dis un mot, il part prompt comme la tempête ; Tu dis un autre mot, frémissant il s'arrête ; Ta lance ou ton fusil tombent-ils en chemin.

De lui-même il baisse la tête.

De ses dents saisit l'arme, et la rend à ta main.

— Ajoute encor ceci, dit le chef africain :

Si par les hommes de ta suite Ton cheval, tout le jour, n'était pas surveillé, A quelque pieu, le soir, s'il n'était pas lié, Bientôt dans le désert il aurait pris la fuite. Le mien, près de la tente où je suis endormi. Erre, toute la nuit, sans licou, sans entrave : C'est que de ton cheval tu n'as fait qu'un esclave.

Moi, du mien j'ai fait un ami. »

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