‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 109 sur 109 · L'OURS ET LE MOUTON · texte numérisé non relu

L'OURS ET LE MOUTON

Ainsi que l’homme, l'ours propose Mais ne dispose pas toujours.

> Un ours affamé,—je suppose, — Portait dans les champs ses pas lourds, Ruminant de nouveaux manèges Pour tromper l'animal broutant.

C'était à l'approche des neiges, Mais les brebis paissaient pourtant.

— Un agneau, quelle bonne aubaine !..

Je laisserai la peau, la laine, | Pour ne savourer que la chair. | Ainsi l'agneau ne vaut pas cher, | Et tout petit sera mon crime.

Je pourrais même en manger deux.

Trois serait un peu hasardeux.….

Faut être honnête

Ainsi s'exprime L'ours qui marche le nez en l'air, Bien sûr d'avoir assez de flair Pour éviter toute aventure De nature A retarder trop son retour.

Il avait déjà fait un tour Naguère dans ces pâturages, + Et le maître, se disait-il,

Dans Un raisonnement subtil,

Lui redevait des arrérages.

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Tout en cherchant de-ci de-là,

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Voilà Qu'il entend, à quelque distance, Le bêlement d’un vieux mouton.

—Je vais te prêter assistance Et te faire changer de ton, Grogna-t-il, en courant fort vite Vers l'endroit d’où partaient les cris.

Ton bêlement plaintif m'invite A traverser des champs proscrits, Ajouta-t-il, et je me hâte.

Je suis d’une si bonne pâte !

à Aussitôt rendu qu'appelé ....

Donc, si tu te vois bien pelé ; Tant pis ! je m'en lave les griffes. ... Comment, maraud ! tu te rebiffes ?

Et tu refuserais l'honneur D'être croqué par ton Seigneur ?...

Mais voilà que l'ours tout en verve Tombe dans un piége tendu.

—Ebh ! fait le mouton qui l’observe, ; Je ne suis pas encor tondu. î

Foi d'ours ! aide-moi, dit le fauve, Et dans la forêt je me sauve

A Pour n’en plus sortir qu'au printemps.

Six mois pour vous tous de bon temps !

—Ta générosité m'enchante, Dit le mouton en se moquant.

| Je n'ai pas peur, vieux délinquant, L'hiver, de ta griffe méchante, Car l'hiver tu ne peux venir.

Je vois plus loin dans l'avenir.

C'est le cœur aimant que saccage L'homme sans vertu ni pitié ; Laissez le fauve dans sa cage Et le méchant, sans amitié.

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