FABLE XXXIV
LES DEUX CHÈÊNES.
Deux chênes s’élevaient au milieu de la plaine, Tristes et dénudés, car limplacable haleine
De l'hiver Avait mis sans pitié bois et champs au pillage.
L'un des deux, toutefois, pour perdre son feuillage N'avait pas attendu l'automne. Un petit ver
Lui rongeait dès longtemps le cœur. Et la blessure Avait causé la mort après la flétrissure.
Ses rameaux sans vigueur séchèrent tour à tour : L'oiseau n’y bâtit plus de nids à son amour.