LE CHEVAL MALADE
Un cheval bien connu dans plus d’une paroisse Etant tombé malade, un jour, Une profonde angoisse Aacabla, paraît-il, les chevaux d’alentour.
Ils quittèrent leurs écuries Pour venir visiter leur ancien compagnon ; L'appelèrent mignon; Lui jurèrent que les prairies, Depuis qu'il était alité, Avaient perdu toute gatté.
Tant de bonnes paroles Consolaient le pauvre animal, Mais ne guérissaient point sen mal.
Pendant ce temps l’avoine, à pleines casseroles, Les bottes de foin, Les litières de paille Etaient servis avec grand soin Aux amis qui faisaient ripaille,
Le médecin était venu.
C'était un sage méconnu Qui de son grand savoir ne faisait point parade.
…—Je vois bien, lui dit le malade Avec émoi, Que c’est fini de moi:
Cependant je mourrais sans peine S’il ne me fallait pas laisser autant d'amis.
—Consolez-vous, dit l’autre, et mourez bien soumis ; Votre espérance est vaine Si vous comptez sur leur appui.
Ils ont tout dévoré votre humble patrimoine, Et si la mort, mon cher, ne vous prend aujourd’hui, N'ayant plus de foin ni d'avoine,
Demain
Vous mourrez de faim,
joie
Ne mettez pas votre
A compter des amis nombreux ; Que votre cœur plutôt s'emploie
A les choisir généreux.