LE PAYSAN ET LES MOINEAUX
Dès le matin de la journée Jn pauvre paysan, hâve, la peiu tannée, Semait avec entrain Dans les sillons nouveaux le plus beau de son grain, es moineaux qui faisaient leur gentil babillage Non loin, dans le feuillage, Le virent tout à coup et volèrent vers lui.
Veux-tu, lui dirent-ils, nous donner aujourd'hui La nourriture ?
La vie est dure
Et rien ne pousse encor dans les champs déflorés.
— Mangez. mangez, fit-il, Ô pauvres éplorés.
Et les moineaux mangèrent, Puis gaîment voltigèrent De buissons en buissons En disant leurs chansons, Plus tard le grain, sorti du germe, Comme une nappe d’or s’ét udit sur la ferme, Et nul n'aurait pu deviner Que les oiseaux-là-même étaient venus glaner. Mais, un jour de l’été, les insectes nuisibles Mordirent les tiges sensibles, Et les riches épis, sur le point de mûrir, Allaient, hélas! périr, Quand les moineaux de la vallée, Prenant ensemble leur volée, Vinrent s’abattre sur les champs Et dévorer les insectes méchants.
Non, le bien que vous faites Ne sera point perdu ; Mais ne laissez jamais vos âmes inquiètes Chercher comment il vous sera rendu.
déflorés.
lorés.
ferme,
glaner.
bles