LA LIGUE DES RATS
Un jeune chat, naguère, Faisait une implacable guerre A ses vieux ennemis les rats.
C'était pour cette gent rageuse
Un embarras Qui la rendait songeuse.
Elle ne voulait pas, dans ses modestes trous,
Vivre comme sous les verrous,
Un vieux qui bien des fois avait vu la bataille D'assez loin,
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Prit sur lui d’assembler noblesse et valetaille Dans un coin.
On vint de toute part : du grenier, de la cave
Et même du dehors.
Certains rats étaient frais, d’autres avaient l’œil cave ;
Celui-ci passait pour retors ;
Celui-là, disait-on, mettait les chats en fuite, Et tous avaient tenu la plus belle condui :
En mainte occasion.
Le suceëès était sûr ; aucune illusion.
Plus d’un frisson courut dans l’illustre assemblée, Qui décida, d'emblée, D’aller en plein soleil provoquer maître chat, Et, par ur coup brillant, de faire le rachat De l'antique indépendance Des rats et des souris.
Devant tant de héros le pauvre chat, surpris, Perdrait bien son outrecuidance Et fuirait tout confus. ...
On comptait là-dessus,
! On partit plein d’ardeur pour tenter l'aventure, Mais le chat qui guettait au bord de l'ouverture
104 YABLES.
Par où les valeureux s'attendaient de sortir, Miaula tout à coup d'une voix ironique.
Les rats furent saisis d’une affreuse panique, Et chacun dans son trou s'en alla se blottir.
$e vanter n'est pas une preuve De courage, ni de succès ; Hommes et rats sont, je le sais, Braves loin dn danger bien plus que dans l'épreuve
4 FABLE KXXKVIIT.
l'épreuve