‹ Fables [microforme] (volume 3)Chapitre 5 sur 100 · LE GLOUTON ET L'ÉCUREUIL · texte numérisé non relu

LE GLOUTON ET L'ÉCUREUIL

ous appelle,

Jn glouton affamé,—comme sont, d'ordinaire, Ces malotrus

Qui s'occupent fort peu de notre art culinaire Et nous maivent tout crus,— Un glouton qui passait scu:, un noyer superbe,

Le nez bas, en sournois,

Aperçut une noix -

Dans l'herbe.

a broyer sous ses crocs aussi durs que le fer Fut l'affaire d'une seconde :

— Pouah : fit-il aussitôt, rouvrant sa gueule immondek

Que ce fruit est amer !

Un petit écureuil à la mine friponue Qui d’une branche à l’autre allait d'un bond léger, Lui dit alors :

—La noix est bonne, Mais il faut savoir la manger.

Que d’appétits grossiers, par leur ardeur brutale, Gâtent tont leur bonheur !

Jombien ne cherchent pas sous sa rugueuse écale. L'amande pleine de saveur !

bond léger,

LA HARPE fOLIENNE ET LA GIROUETTE.

r brutale, - - Une harpe éolienne Par quelque main magicienne— Se disait-on dans le hameau— ait été pendue aux branches d'un ormeau, , près de cette harpe, au faîte d’une grange, Une girouette étrange Luisait sur sa tige de fer.

leuse écale.

r, un vent accourut, l'Aquilon ou l’Auster, ui touch. brusquement, de son aile rapide, à folle girauette et la harpe timide,

R première tourna jetant un cri méchant,

Comme le cri de la colère, Mais l’autre fit entendre un accord si touchant Qu'on aurait dit une prière.

Vents du ciel : deuil, soucis, chagrins où nous tombous

Il tr Sont maudits des méchants et sont bénis des bons. ”

Il é ù

uchant

nous tombous is des bons.

Il puisa quelques gouttes Et vint les verser toutes Sur l’épi languissant,

C’en fut assez. L'épi, sous la molle rosée, Retrouva sa force épuisée Et sa vigueur ; [1 trouva l'existence un peu inc'us monotone Et, lorsque vint l'automne A vec sa rigueur Il était mûr, et sa tête superbe Se balancait avec orgueil,

Alors il entendit, dans une touffe d'herbe, Un chant de deuil.

AI! écouta.. C'était la fauvette obligeante.

—Qu'as-tu donc,. lui dit-il d'une voix engageante, Qu'as-tu done à gémir ainsi ?

—J'ai faim, répondit-elle, et viens mourir ici.

L'épi vers la terre endotmie,

À ces mots, s’inclina soudain, Ft la fauvette son amie Ne mourut pas de faim.

Faites Îa charité, faites sans bruit l'aumône, Pour Dieu d'abord et puis pour vous ;

Car vous ne savez pas, fussiez-vous sur un trône, Ce que vous garde un sort jaloux.

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