LE TAUREAU ET LA FOURMI
Un taureau qu'irritait la moindre agacerie, Seul dans une prairie, Paissait tranquillement,
—Ce serait, pensait-il, oui, ce serait vraiment Chose bien singulière Que l'on put me troubler ici.
Tout en pensant ainsi
Il se mit à brouter sur une fourmilière.
Une fourmi sans peur aussitôt le mordit, Il bondit, Jeta du feu de ses yeux mornes Et laboura le sol du bout de ses deux cornes.
Nr, pendant qu’il était en proie à ce courroux, L’insecte trottinait gaîment sur son front roux.
Quoi de plus insensé que ces accès de rage À propos de rien ou contre un être chétif ?
Gardez votre vigueur, gardez votre courage Pour adversaire digne ou pour digne motif,