FABLE XI
Le Renard et le Loup.
Lg Le renard et le loup faisaient ensemble route, Pour la première fois ils s’entendaient sans doute, Et cela durerait nuî ne savait combien.
Ils virent e’enfuyant dans l’herbe Une poule vraiment superbe, Une poule qui valait bien Deux ou trois chapons ordinaivs.
C’est le renard qui la trouva.
“ Donne, lui dit le lou}, on va La manger sans préliminaires,”
Le renard aurait bien voulu N’avoir pas autant d’obligeance, Mais de son compère goulu Il redoutait fort la vengeance,
“La voici, fit-il humblement,
Partage bien également.”
—Tu doutes de moi, ce me semble ?
Reprit le loup avec hauteur.
Je ne suis point un ergoteur,
Et nous partagerons ensemble D’après une équitable loi.
Cette poule sera pour moi,
14 toi, tu prendras la deuxième.
N'est-ce pas la justice même ? ”
—Cela me paraît trop... savant, Fit le renard en se sauvant.”
Dans toute affaire où l’on n’apporte La plus sincère honnêteté,
Le plus fort fait toujours en sorte D’amener tout de son côté.
FABLE XIl
Le Lièvre qui cherche un refuge.
Un lièvre gris des plus ingambes, Ayant ouï des chiens japper, Se sauvait de toutes ses jambes.
Sans peine il allait échapper Quand il aperçut la tannière D'un ours à l’âme rancunière.
Il sy fourra.
.. Lours aussitôt le dévora.
Fa V -# PE nn ee
oi qui veux fuir l'ennui, regarde bien et juge Où tu vas chercher un refuge.