FABLE XV
Le Glouton et l’Ecureuil.
Un gloutor affamé, comme sont, d'ordinaire, Ces malotrus Qui s’occupent fort peu de notre art culinaire Et nous mangent tout crus ; Un glouton qui passait sous un noyer superbe, Le nez bas, en sournois, Aperçut une noix Dans l’herbe, Il la broya sous ses longs crocs de fer En moins d’une seconde.
“ Pouah! fit-il aussitôt, rouvrant sa gueule immonde Que ce fruit est amer ! ” Un petit écureuil à la mine friponne Lui dit, en se moquant :
“Oh ! monsieur étranger La noix est bonne, Mais il faut savoir la manger.”