FABLE XXXIV
La Corneille et la Grive.
[histoire est vraie... Une corncille Qui n'avait pas mauvaise oreille
Et ne manquait pas de bon sens, Honteuse de ses laids accents,
Eut une idée originale.
Elle s’envola, matinale,
Près d’une grive, en la forêt.
“Il y va de ton intérêt,
Dit-elle à l'oiseau solitaire, Quitte ce désert sombre... I1 vaut autant -- taire Que de chanter ainsi quand personne :’ertend.
Suis-moi, je sais des lieux où la fe attond”
la crive la suivit, lissa bien son nl image
Et commença son doux ramag®,
ru . nu LsR OR LE UMENNpnNnEe ARTE TION
LR
Les feuilles la cachaient, on ne la voyait pas. On voyait seulement la corneïlle méchante, . Qui simulait sans embarras Les gestes d’un oiseau qui chante...
Ce fut elle qu’on applaudit.
Mais le truc n’est pas inédit...
Beaucoup chantent ainsi par la bouche des autres; A défaut de talents ils empruntent les vôtres.