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FABLE LVIII

La Luciole et la Rose.

Une brillante luciole,

Ouvrant ses ailes dans la nuit, Comme une étincelle qui vole Glissait mollement et sans bruit.

Quand on jette sur son passage Le rayonnement des splendeurs, Quand on a l'éclat des grandeurs Il est malaisé d’être sage, :

Et d’éviter longtemps l’écueil,

La luciole eut de l’orgueil.

Elle vit une fraîche rose Qui cachait dans l'obscurité Et son parfum et sa beauté,

“Voilà bien: une triste chose, Pens& l’insecte au vol de feu.

Pauvre fleur, dis-moi done un peu De quoi te servent ton dictame,

Et ta grâce, et ton coloris ?

Nul ne te voit; et, sur mon âme !

J’en suis chagrin maïs pas surpris.”

—Reste avec moi jusqu … l'aurore, Répondit la reine des fleurs.”

L’insecte babillait encore Quand le jour rendit ses couleurs À sa jeune et gentille amie,

“ La terre n’est plus endormie ; Voltige donc dans le ciel clair Et Jon oroira voir un éclair, Soufla la rose avee malice,

—Je ne saurais entrer en lice, Je ne brille pas dans le jour, Répliqua tristement Vinsecte.

—C'est un malheur que je respecte, Dit la fleur; mais chacun son tour.

Je luis lorsque tu dois t’éteindre ;

Tu me plaignais, je vais te plaindre.”

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