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FABLE LXVI

Le Renard et l’ombre des Pigeons.

Un renard était las du sauvage gibier.

Il se souvint d’un colembier Qu'il avait vu dans une course.

“ Voilà, se dit-il, ma ressource, . . ’ . .

Et je suis heureux d’avoir faim.”

C'était loin; il courut. Il arrivait enfin, Quand à la porte d’une étable Il vit un vicux coq qui chantait.

“Cest là, fit-il encore, un mets bien acceptable Et naguère on s’en contentait.

Croquons-le, tout d’abord, et les pigeons ensuite.

Dire et faire, c’est deux, même pour un renard.

Le coq n’acheva pas son couplet goguenard, Il prit la fuite. |

Le renard le suivit,

Et peut-être allait-il l’atteindre, Quand tout à coup il vit, Sur la neige, se peindre Le vol noir des pigeons.

Aveuglé par“la joie, Il qitte alors sa proie.

” Quel dîner nous nous ménageons !

Pensait-il, courant après l’ombre.

Ce vieux coq n’avait rien que la plume et la voix. Parlez-moi des pigeons : Ça pèse et ça fait nombre! Je n’en aurai Jjuinais autant pris à la fois !...”

Quand ja main est assez remplie, L’ouvrir pour prendre encor devient une folie.

VOIx.., nombre !

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