FABLE LXXIII
Le Chat qui rêve.
i doux que soit un songe il n'est toujours qu’un Je vais vous raconter, sur l’heure, [leurre,
Comment un chat bien réveillé Resta jadis émerveillé un songe assez plaisant qu’il paya de sa vie. Mais ne demandez pas comment Faute si faible fut suivie D'un si terrible châtiment, C’est un sujet inépuisable Où je ne suis guère entendu, ondes Et si linn-ent fut perdu, es, Le tribuna: fut excusable.…
Voici le fait :
n chat d’une verix fort bien enracinée, Mais pas sans défaut tout à fait F
Ce qui n’est dans la destimée Ni du chat, Ni de l’homme; Un chat qui ne portait ni cordon, ni crachs!, Mais qui valait, en somme, Bien des chats décorés, Vit, au fond d’une salle, Un trou large où des rats s’étaient gaîment fourrés.
Voilà qu’aussitôt il s’installe Et se blottit, silencieux, Guettant de la griffe et des yeux.
Mais enfin il s'endort en cette humble posture, Et c’était, d'aventure, Le moment où sortaien. les rats.
Il les voit bien, ces scélérats,
Il en dévore tant qu'avec moins l’on en crève...
Mais en rêve !
Il dit, en s’éveillant, qu’il n’a pas son pareil, Et s’en va faire la sieste Sur le seuil, au soleil,
Les rats grugent partout; on les voit, on l’atteste Mais il n’en croit plus rien, il en a tant mangé...
C’est en ce moment-là qu’il fut pris et jugé.
Aux ennuis, aux regrets, mes amis, l’on s’expose, Pardon de la banalité, Lorsque l’on prend un rêve, un rêve noir ou rose, Pour la réalité, ;
fourrés
atteste, incé.….