‹ Fables [microforme]Chapitre 24 sur 65 · LA MOUCHE ET LE TAUREAU · texte numérisé non relu

LA MOUCHE ET LE TAUREAU

Un taureau roi d’une prairie Fleurie, Paissait silencieusement, Lorsque du haut des cieux une mouche insolente, T'ombe, et va sur son front s’asseoir en bourdonnant : ‘ Monseigneur le taureau, si je suis trop pesante, “ Dit-elle d’un air important, “ Vous n’avez qu'à parler, je m’envole à l'instant.” —“ Qui me parle ?. .répond le taureau mugissant. —* Moil—Qui toi?—Me voici!—Tiens c’est vous ma [mignonne ?

‘ Eh! que m'importe à moi que vous soyez ou non “ Sur mon front !

Vous ne pesez pas une tonne ?

“ Vous vous croyez pourtant bien lourde, n'est-ce pas ? ‘ Détrompez-vous ; votre présence “ Ne m’incommodera pas plus que votre absence.”

Tels sont avec plus de fracas

Et plus encor de suffisance,

Tous ces prétendus grands esprits, Qui le front vers le ciel et la tête en arrière, S’intitulent rivaux du Dieu de la lumière.

Mais voyez, s’il vous plait, ces géants sous l’équerre,

Vous lestrouverez si petits Qu'ils vous sembleront même indignes de mépris.

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