‹ Fables [microforme]Chapitre 51 sur 65 · D », NN · texte numérisé non relu

D », NN

“# Moi, tout petit ciron, peut-être vas-tu dire ?... “ Notre corps n’est pas gros à nous autres fourmis ; ‘ Mais as-tu vu dans la nature

‘ Une plus mince créature ‘ Jouissant de membres mieux pris ‘ Et surtout si bien assortis ?..

‘4 Partout je vais, je cours, lestement et sans gène; “ Rien ne m’arrête, et s’il me plaît, ‘ Je puis, des racines d’un chêne

‘6 M'élevrr jusqu’à son sommet.

‘ Mais c’est assez de babillage :

‘ Adieu! mon petit malheureux, ‘ Je m’en retourne à mon ouvrage !.….,, Le ver qui méprisait ce langage orgueilleux Ne répondit rien à l’outrage.

Deux ou trois jours après la fourmi repassa A l’endroit même où la pauvre chenille Enveloppée en sa coquille Avait l'air d’un cadavre. O prodige! voilà Que tout-à-coup la coque se brisa, Et devant la fourmi saisie, épouvantée, Surgit un coquet papillon, A l’aile brillante, argentée.

—t* Eh bien dit-il alors, insolent bestion !

‘“ Fourmi sotte et présomptueuse !

‘“ Regarde-moi, voyons, reconnais-tu mes traits ?.. “ Ai-je, ou non, plus que toi tournure gracieuse ? ‘ Pourrais-tu me suivre jamais, “ Toi ai rapide et si légère ?...

‘ Tu rampes encor sur la terre 4 Que déjà je touche les cieux !..”

Jamais le vrai talent ne fut prétentieux.

Au milieu des forêts, qu'importe à T hilomèle Qu'un merle sot siffle ses chants ?...

La douce et tendre voix n’en sera pas moins belle Et les échos joyeux rediront ses accents.

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