LE SOLEIL ET LA BRUME
Le soleil, quittant notre terre, Allait porter plus loin ses feux
Et réveiller l’autre hémisphère ; Quand tout à coup devant ses yeux S’étendit un nuage intense
De nauséabondes vapeurs Flétrissant les plus belles fleurs Sous sa délétère influence :
Misérable !””’ dit le soleil, ‘“ Maintenant que je pars, tu viens sur la nature ‘“ Répandre tes poisons et flétrir sa parure
‘ De ton souffle pestilentiel !..
‘ Va! ton triomphe est éphémère :
‘ Demain les flots de ma lumière ‘ T’anéantiront à jamais !...”
Il en est ainsi du Progrès.
En vain pour entraver sa marche inexorable, Se dressent l’Ignorance à l’aspect indomptable, Le Fanatisme au bras sanglant Et la troupe des maux qui va l’accompagnant ; Le char marche toujours en sa route assurée, Rien ne peut l’arrôter; tout cède devant lui. Par son flambeau puissant l’ère régénérée Verra luire le jour où la flamme sacrée Chassera pour toujours les ombres d’aujourd’hui.