‹ Fables nouvellesChapitre 18 sur 21 · I.IVIIK Qi;ATRlf^.>FK · texte numérisé non relu

I.IVIIK Qi;ATRlf^.>FK

il s'abat , car la faim le presse, ¥X trompé par la brunie épaisse , Sur l'herbe il crut voir sejouant Un mouton blanc.

A peine arrivé dans son aire:

t< Hélas ! dit-il , c'est un eiilant ! » Oiseau géant , roi solitaire, Tu n'eus jamais soif de ce sang!

Morne et honteux de sa victime, 11 quitte son altière cime; Chargé de sa proie il descend, lit va déposer sur la terre , Près de celle qui fut ta mère.

Ton corps qui saigne, ô pauvre enfanf Vouée au Ijlanc !

21G LIYHE QUATRIÈME.

Oiseau des sphères éternelles , Accessible aux nobles douleurs , Il essuya ses fortes ailes Sur la verdure et sur les fleurs !

Il reprit sa course hardie, En cachant sa serre rougie ; Et sur sa trace au firmament , On vit comme un rayon de flamme Monter au ciel !. .. C'était ton âme Qu'appelait Dieu , ma belle enfant Vouée au blanc !

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Un jour de pluie et de tonnerre , Une planche sur un ravin , Sentier fragile et tutélaire ,

218 i.IVRK QÙATRIÈMK.

Aux passants offrait un chemin.

On se pressait sur le rivage.

La planche, agissant prudemment,

Avant de livrer le passage,

Interrogeait chaque arrivant t

« Où vas -tu ! — Porter de l'ouvrage

Au pauvre ouvrier qui m^attend ;

Pour son cœur c'est joie et courage ;

Et c'est du pain pour son enfant.

— Passe. Et toi ? — Je vais à la ville Transmettre un ordre au justicier , Pour ce condamné qu'on exile :

C'est la grâce du prisonnier.

— Passe vite. Et toi? — Dans la plaine Regarde... Ne vois-tu donc pas

Cet esclave qui fuit mon bras?

Je veux le remettre à la chaîne.

— Halte-là! L'on ne passe pas ! »

vn.

#-»«» Vnfg.

Dis moi d'où me vient ta musique?

Où cliantos-tu, coq, mon ami?

Est-ce dans uu manoir rustique.

Près d'un jeune pâtre endormi ?

Est-ce au château dont la tourelle Perce là- bas sous les noyers , Dont la blanche vitre étincelle Sous ce rideau de peupliers ?

Kais-tu sourire une coquette Au souvenir de ses amours ?

Fais-tu rêver une fillette Pour qui se lèvent d'heureux jours?

Sous son rideau d'or et de soie Viens-tu troubler le paresseux ,

Qui so recoquille avec joie

Dans sa couche au duvet moelleux ?

liai compagnon de la famille. Fais-tu mouvoir à ton signal Le soc , la serpe et la faucille Qu'éveille ton chant matinal?

Dis-moi d'où me vient ta musique ?

Où chantes-tu , coq , mon ami ?

Es-tu l'hôte d'un toit rustique.

Le réveil du pâtre endormi ?

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