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FABLE XVII

Le Cheval mourant.

Un cheval bien connu dans plus d'une paroisse, Tomba malade un jour,

Et quelque chose de l'angoi- Vint déchirer le cœur des chevaux d'alentour.

Ils quittèrent Leurs écuries Pour se rendre aussitôt vers ce vieux compagnon Dans le guignon;

Lui jurèrent que Les prairies,

Depuis qu'il était alité,

Avaient perdu toute gaîté.

Mais si tant de bonnes paroles Consolaient le pauvre animal, Elles n'enlevaient pas son mal.

Et pendant ce temps-là, l'avoine en casseroles, I^es bottes de foin,

Les litières de paille, Tout y passait et plus qu'il en était besoin. Le chagrin faisait ripaille.

Le médecin était venu.

Comme nos docteurs d'ordinaire, Il détestait l'art culinaire.

C'était un sage méconnu.

" Je vois bien, gémit le malade, En recevant, son accolade, Et dans un râle douloureux, Je vois bien que la mort, hélas ! n'est pas lointaine... J'ai tant d'amis, c'est malheureux !

— La mort, dit le docteur, me paraît bien certaine,

Et je vous le déclare enfin.

Car si le mal ne vous emporte, A.u train dont, aujourd'hui, l'amitié se comporte,

Vous mourrez sûrement de faim."

Xe mettez donc pas votre joie A compter des amis nombreux ; Que votre cœur plutôt s'emploie A les choisir plus généreux.

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