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FABLE XXIX

Le Lièvre et le Rat.

Fatigué de ronger des bourgeons d'épinette

Et il s l'.iini ipin,

Un jeune lièvre un bon matin.

S'éloigna de sa maisonnette, Si l'on peut d'un tel nom appeler un tel Il ne savait ni peu ni prou De quel côté prendre sa coui Mais le hasard est la ressource Des malheureux qui n'en ont pas.

L'instinct aidant, vers une étable

Bientôt il dirige ses pas.

Un rat cpii se mettait à table L'invite à s'approcher et lui présente un œuf. Le lièvre vante fort ce mets tout à fait neuf.

Oh ! fait le rat charmé, je ne veux pas qu'on

[meure, Aujourd'hui De faim ou d'ennui Dans ma demeure."

Puis, il gagne le poulailler Afin de se ravitailler Dans les nids de foin ou de paille.

Trouvant amusant d'être ingrat,

Le lièvre fit ripaille

En l'absence du rat,

Et vers les bois, ensuite,

En riant, prit la fuite.

Quand souffla la bise d'hiver.

Et que sa robe devint blanche, Gruger un petit bout de branche Lui parut encor bien amer.

Il ressentit un goût étrange Pour ces œufs si bons et si frais Que monsieur le rat, à grands frais, Servit, un jour, dans une grange.

Il voulut encore une fois Tenter la plaisante aventure. . .

Ah ! quand un lièvre est aux abois,

Il devient maître en imposture !

Ce jour-là cependant Le rat voulait être prudent.

" Je ne puis, dit-il à son hôte, Vous offrir l'hospitalité.

Et cela par la faute D'un lièvre gris qui vint me voir pendant l'été.

— Et qui te vola, je suppose.

Les lièvres gris, mon cher, sont tous des scélérats. Mais les blancs !. . . Ouvre;, tu verras,. . . Les blancs, c'est autre chose..."

Le rat ouvrit, saluant du chapeau.

Le lièvre se louant d'avoir changé de peau, Entra le souris sur les lèvree !

Combien d'hommes sont lièvres !

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