FABLE XXXVI
Le Loup et les deux Bassets.
Deux bassets descendant de La même lignée, Trottinaient le oez bas, la mine rechignée, A travers bois et champs pour chasser le blaireau. Ils venaient d'en laisser plus d'un sur !<■ carreau, Quand un loup accourut, criant :
" Je me fais gloire I).' vous croquer tous deux en deux coupe de
| mâchoire ! " tùene montreni les dente, se tiennent en arrêt.
•• .Mai- ou va ae défendre, à <■<• qu'il me paraît... Je connais ta valeur, elle est incontestable,
Et j'ai regret de mon emportement,
AfrLrme-t-il bientôt, avec serment, A celui des bassets qui semble plus traitable. . . Laisse-moi cependant, reprend-il sans façon,
Donner une bonne leçon Au mal appris qui m'a jadis fait une injure; Ce sera court, je te le jure."
Le caniche vanté s'éloigna quelque peu; L'autre fut dévoré malgré tout son courage.
'•' Maintenant, dit le loup, finirons notre ouvraœ • Ce que j'ai fait n'était qu'un jeu, Mon ami, ne vous en déplais.""
Et, tombant sur le traître, il l'égorgé à son aise.
Vous qui combattez pour le droit.
Si vous vous divisez, ceci doit vous l'apprendre, Vous vous ferez surprendre Par quelque ennemi plus adroit.