FABLE LXII
La Cigale Orgueilleuse.
Le soir «l'un*' chaude journée, Au milieu d'un jardin fleuri, Pour célébrer son byménée — Car elle avait prie un mari — Une brillante libellule Donna ,paraît-il, un grand bal.
< >r. l'avis u'-'ii fut point verbal, M.i - ôcril selon la formule.
Par une gracieuse main En lettres d'or sur parchemin.
( m \ it arriver à la fête.
Portée -m- la brise du soir, Ei guêpes ;i la fine tel Et bourdons au coreelel noir; On vit plue d'une active abeille Mettre des ravons de miel doux
Dans la somptueuse corbeille Des jeunes et charmants époux; Et l'on vit, en files égal—.
Les phalène.-
Les midas et les papillon-.
Cela formait des tourbillons D'une splendeur incomparable; Et jamais bal plus mémorable Ne fut donné dans un jardin.
La pourpre, l'or, l'azur, la soie De toute part mêlaient soudain, Parmi les doux éclat- de joie, Dans les airs leurs brillante reflet:
On chanta de joyeux couplets :
Les dansée furent animées, Le dîner, fut dispendieux.
On y but la boisson des dieux Dans des coroLlee parfumées.
Et, chose assez rare partant.
Chacun s'en retourna content.
Non pas; voilà que je m'abi;- Une cigale était confuse En voyant que tous les regarde Se fixaient sur la taille fine D'une frigane, sa voisine.
— ils —
" On aurait pour moi tda,
Tout tristemeni se ilisiit-rllf.
Si ma tournure était plus belle,"
Va li . \ .►hmt au Loin,
pour devenir pli ube,
Kll.- lit. loin de tout témoin,
Elle maigrit de pluB en plus.
Vadn supplice, espoirs superflue, Au premier Uil <1<> la prairie, Ell dansant un \ il cotillon Elle bomba soudain sane rie I (ans !•- brae d'un viens papillon.
lie que l'orgueil 'lom Mieux vaut santé que bonme mine.