FABLE LXVII
La ligue des Rats.
Un jeune chat, naguère, Faisait une implacable guerre
A ses vieux ennemis les rats.
C'était pour cette gemfc rageuse
Un nouvel embarras. Et cela la rendait songeuse.
Elle ne voulait pas, dans ses modestes trous, Vivre comme sou- Les verrous.
Un vieux, qui bien des fois avait vu la bataille, Prit sur lui d'assembler noblesse et valetaille. On résolut d'aller provoquer maître chat, Et d'ainsi racheter la douce indépendance. Cela ressemblait fort à de l'outrecuidance. . . Car on sait ce que coûte un semblable rachat. Les voilà donc partis pour tenter l'aventure. Irais le chat qui guettait au bord de l'ouverture
Par où ces valeureux s'attendaient de sortir, Miaula tout à coup, d'une voix ironique. Us furent tous saisis d'une affreuse panique Et chacun dans son trou s'en alla se blottir.
Se vanter n'est pas une preuve De courage ni de succès; Hommes et rats sont, je le sais, Braves loin du danger bien plus que dans l'épreuve.