‹ FablesChapitre 32 sur 59 · LA GUENON ET SON PETIT · texte numérisé non relu

LA GUENON ET SON PETIT

Un jour le maître du tonneiTe

Au pied de son tribunal De la création entière

Convoqua chaque animal.

-Il voulait voir la créature Qui pai-mi toute la nature

Avait le plus bel enfant. —

Tous arrivent à l'instant.

Mais la guenon vint la dernière Tenant embrassé son petit.

Quand elle entra, chacun sourit, Puis partit d'un rire d'Homère :

*' Ah vous riez, mes envieux !

** Mais riez donc,.... J'en suis bien aise, " Leur dit en roulant de gros yeux " Dame Guenon. Aux Dieux ne plaise " Que je m'en fâche aucunement !...

*' Jupiter, le juste arbitre, " Saura préférer mon enfant, *' Et cela pour plus d'un titre....

" Qu'ont-ils de beau vos marmots *' Dites, mesdames les rieuses ?....

'* Ils sont tous vilains, tous sots...

*' Leurs formes sont disgracieuses,

*' Voilà !... Mais mon nourrisson

** A peu de chose est tout comme ** L'animal qu'on appelle homme.

** Je crois la comparaison ** Juste, encor me faut-il dire " Que mon petit sait sauter, " Gambader et grimacer, " Quoiqu'il doive encor téter.

" Tout ça va-t-il vous suffire ?...

" Vos nourrissons si charmants " Auraient beau dire et beau faire '* Ils vivraient plus de mille ans " Qu'ils ne pourraient contrefaire ** M bien, ni mal mon petit...."

A ces mots toute l'assemblée

Ne put retenir la risée, Jupiter lui-même rit.

De tout ceci je déduis sans médire.

Que nos mamans sont comme ma guenon.

Leur cher poupon, fût-il un vrai satyre. Sera toujours le plus charmant poupon.

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