‹ FablesChapitre 42 sur 59 · LE LOUP ET L'AGNEAU · texte numérisé non relu

LE LOUP ET L'AGNEAU

Une fois un jeune agneau Pauvre orphelin sur la terre, S'abreuvait dails un ruisseau, Quand un être sanguinaire Le loup vint pour y laper.

Il l'aperçoit et s'arrête.

Grondant et branlant la tête ;

L'asrneau se met à trembler

— " Pourquoi, petit misérable, " Dit le loup à l'agnelet, " Bois-tu de ce ruisselet ?...." — " Oh ciel ! si je suis coupable,

" Pardonnez puissant seigneur,

" J'ignorais cette défense " Et je jure sur l'honneur...." — " C'est assez. Fais-moi silence !

" Garde pour toi ton serment, " Mais avoue à l'instant même " Que tu parlas méchamment " De moi, le dernier carême ?...." — " Moi !... seigneur, je n'ai parlé ; " Comment Taurai-je pu faire, " Puisque je n'étais pas né...." — " Brigand ! veux-tu bien te taire ?... " C'étaient tes frères alors ?..."

-" Hélas ! ils n'ont rien pu dire *' Mes frères, tons deux sont morts ** Avant l'hiver, mon doux sire !....' -'* Si ce n'est eux, c'est quelqu'un " De ta race médisante.

" Frère ou cousin, c'est tout un.

" L'insulte est par trop criante :

" Je me venge cette fois." Le loup saisit sa victime Qu'il emporte au fond du bois.

Partout le fort prend la dîme.

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