‹ FablesChapitre 8 sur 59 · LE SOLEIL ET LA BRUME · texte numérisé non relu

LE SOLEIL ET LA BRUME

Le soleil, quittant notre terre,

Allait porter plus loin ses feux

Et réveiller l'autre hémisphère ;

Quand tout à coup devant ses yeux

S'étendit un nuage intense

De nauséabondes vapeurs

Flétrissant les plus belles fleurs

Sous sa délétère influence :

*' Misérable !" dit le soleil, " Maintenant que je pars, tu viens sur la nature " Répandre tes poisons et flétrir sa parure

" De ton souffle pestilentiel !...

*' Va! ton triomphe est éphémère :

" Demain les flots de ma lumière

" T'anéantiront à jamais!..."

Il en est ainsi du Progrès.

En vain pour entraver sa marche inexorable. Se dressent l'Ignorance à l'aspect indomptable,

Le Fanatisme au bras sanglant Et la troupe des maux qui va l'accompagnant ; Le char marche toujours en sa route assurée, Rien ne peut l'arrêter ; tout cède devant lui. Par son flambeau puissant l'ère régénérée Verra luire le jour où la flamme sacrée Chassera pour toujours les ombres d'aujourd'hui.

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