‹ FablesChapitre 115 sur 247 · IX. — L'ATTELAGE · texte numérisé non relu

IX. — L'ATTELAGE

I A cette enfant ai fraîche, si Jolie, Oserez-Tous, mon frère, unir vos soixante ans, Harier vos hivers à ses quinze printemps?

nïus n'accomplirez pas cette insigne folie.,..

-^ Oui, Je raccomplirai) répondit le vieillard. Aujourd'hui même et saos plus de retard. »

On eut beau dire, on eut beau faire, La noce prit bientôt le chemin du notaire.

Voilà qu'à travers champs arrive un campagnard

Menant de bœufs un attelage ; Or, on ne vit jamais plus bizarre assemblage : L'un, squelette affaissé sous le travail et l'âge, Ne répond qu'avec peine aux coups de l'aiguillon ;

En mugissant, l'autre, jeune et robuste.

Accuse la lenteur de son vieux compagnon.

» C'est ridicule, c'est injuste.

Dit notre fiancé, d'associer ainsi Des bœufs si différents de forces et d'années ! » Son frère l'interrompt : « Vous condamnez ici Le joug qui doit bientôt lier vos destinées.

Par vous-même averti, renonçant à l'hymen.

Du logis, croyez-moi, reprenez le chemin. »

Le vieillard adopta cet avis salutaire.

Et jusqu'au dernier Jour resta célibataire.

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