‹ FablesChapitre 127 sur 247 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

î. — LE POÈTE ET L'ABEILLE.

Pour faire leur doux miel, leur douce poésie,

ï^e poète et l'abeille aux champs, dès le mâtin,

Des odorantes fleurs picoraient l'ambroisie.

Tous deux comme ils rentraient, chargés de leurbutis^

1*6 poète rêveur dit à l'abeille : « Écoute :

Des insectes dans l'air se frayant une route.

De la mouche ou du papillon, Qui peut te distinguer? » L'abeille industrieuse Répondit : « Des trésors dont Je suis'glorieuse,

Le miel, la cire, l'aiguillon.

Le miel^ mii liqueur parfumée^

Calme la soif et la doaleur;

La cire, en flambeau transformée.

Des ténèbres chasse Thorreur, Et contre les méchants l'aiguillon me protège. »-

Le poète, & ces mots, reprit :

• De servir, comme toi, j'ai rhedreux privilège : J'ai le chant qui console et le miel qui nourrit; Des ombres de l'erreur je délivre l'esprit, £t contre les abus je lance Tanathème.

^otre. ardeur, tu le vois, notre but est le mêmes

Or, de ses bienfaits louons Dieu.

— Frère, adieu, dit l'abeille.— Adieu, ma sœur, adlcu. •

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