LIVRE SEPTIÈME
î. — LE POÈTE ET L'ABEILLE.
Pour faire leur doux miel, leur douce poésie,
ï^e poète et l'abeille aux champs, dès le mâtin,
Des odorantes fleurs picoraient l'ambroisie.
Tous deux comme ils rentraient, chargés de leurbutis^
1*6 poète rêveur dit à l'abeille : « Écoute :
Des insectes dans l'air se frayant une route.
De la mouche ou du papillon, Qui peut te distinguer? » L'abeille industrieuse Répondit : « Des trésors dont Je suis'glorieuse,
Le miel, la cire, l'aiguillon.
Le miel^ mii liqueur parfumée^
Calme la soif et la doaleur;
La cire, en flambeau transformée.
Des ténèbres chasse Thorreur, Et contre les méchants l'aiguillon me protège. »-
Le poète, & ces mots, reprit :
• De servir, comme toi, j'ai rhedreux privilège : J'ai le chant qui console et le miel qui nourrit; Des ombres de l'erreur je délivre l'esprit, £t contre les abus je lance Tanathème.
^otre. ardeur, tu le vois, notre but est le mêmes
Or, de ses bienfaits louons Dieu.
— Frère, adieu, dit l'abeille.— Adieu, ma sœur, adlcu. •