‹ FablesChapitre 15 sur 247 · XI. — LE VOYAGEUR · texte numérisé non relu

XI. — LE VOYAGEUR

Un homme, gravissant des montagnes arides,

Ne voyait depuis trois longs jours Que des rocs escarpés, les ailes des vautouj^. Des abîmes profonds et des torrents rapides.

Sentant ses pieds meurtris aux ronces du chemin. Et voulant terminer de pénibles voyages.

Il maudit le sort inhumain Qui l'abandonne ainsi sur des rochers sauvages. Et demande à la mort ua plus beau lendemain.

Il allait s'élancer au fond des précipices.

Quand un p&tre l'arrête, et, lui tendant la main,

Lui dit : « Vivez sous de meilleurs auspices ; Frère, de votre cœur chassez le désespoir.

Courage ! suivez-moi ; ce soir, De ces monts sourcilleux nous gagnerons le faite. Sous un manteau de fleurs, sous des habits de fêt», La terre y voit régner un printemps éternel.

Là vous partagerez, sous un toit fraternel, Le lait de nos brebis et Teau de nos fontaines ; Vous verrez sous vos pieds les terrestres domaines. Et sur vous passeront les étoiles du cieL »

Peuple, dont le pied saigne aux buissons de la route,

Ainsi tu marches, et, sans doute, Dans les sentiers mauvais tu saigneras encor. Garde que ton courage aux cailloux ne se brise : Bientôt tu parviendras à le terre promise Où doit briller pour tous un nouvel âge d*or.

Xir. — LES ENFANTS ET LE PAPILLON.

Aux mains des échansons rendons nos coupes d*or: Dans rivresse toujours notre raison s'endort I Jeunesse qui poursuis une beauté frivole.

En froissant sa couronne, auréole de Heurs,

Arc-en-ciel aux mille couleurs, Tu sens sous les plaisirs ton bonheur qui s'envole !..

Un jour, le papillon, ce fils de TOrient, Sur ses ailes de moire étalait, en fuyant,

Une vivante mosaïque.

Hiéroglyphes d'or, alphabet fantastique

Que Dieu seul épële à son gré ; Et puis on le voyait, le papillon volage, Effeuillant chaque rose éclose à son passage, tressant chaque fleur qu'il trouvait dans un pré,.

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