‹ FablesChapitre 160 sur 247 · LIVRE Tin. 13S · texte numérisé non relu

LIVRE Tin. 13S

La grenouille cria : « Les poissons sont heareuz! Demandez au goujon quand le brochet le happe, Demandez au brochet quand le pêcheur rattrape... Croyez bien qu'ici-bas le ciel sut ménager  chacun sa part de danger. »

XVn. — LE BAT ET LES MOISSONNEURS.

Les blés étaient couchés sur Taire, Et les fléaux  coups égaux Battaient, battaient. Un rat, sortant de dessous terre^ Voit s*approcher sans crainte et moineaux et lourmis. « Mon père avait bien tort de représenter Thomme Comme Un de nos cruels ennemis.

Vraiment, c*est pour nous qu'il travaille; Voyez : pour épargner tout soin, tout embarras

Aux rats, 11 sépare, en suant, le froment de la paille. Merci, bons villageois; pour la froide saison, h vais de votre offrande enrichir ma maison. »

Disant ces mots, quelle imprudence I n trotte vers les grains tombés en abondance* Mais un villageois, par malheur.

Le voit, lève son fléau, frappe, Et coupe la queue au voleur. Qui tout sanglant, tout mutilé s'échappe, Par son expérience averti désormais Qu'un pèr» en ses conseils ne nous trempe Jaaiaif.

XVra. - LE MARTEAU.

D'une barre de fer an fragment retiré.

Et tout rouge sortant de la fournaise ardente, Sur Tenclume à grands coups est battu, torturé. En vain le malheureux gémit et se lamente, t Quand de ce dur marteau serai-je délivré? t Dit-il; mais, ô prodige! aux tourments il échappe*,

En marteau se transfigurant, . '

L'esclave qui se fait tyran Aujourd'hui sur l'enclume à coups redoublés frappe

Ce valet qui, lassé d'un Joug injurieux,

A son tour devient maître, et maître impérieux.

L'indomptable tribun, farouche patriote.

Qui saisit le pouvoir et commande en despote,

La victime d'hier transformée en bourreau.

Ne sont-ils pas ce fer qu'on transforme en marteau T

Page 1