XVI. — LE TÉLESCOPE ET LE BUCROSCOPE
Un jour l'orgueilleux télescope ^
Ainsi parlait au microscope :
« Mon antipode, admire-moi l Au savant quand j'indique et la marche et la loi Des sphères et des cieux où mon œil l'accompagne,. Dans une goutte d'eau, toi, tu vois l'Océan,
Du ciron tu fais un géant.
Du grain de sable une montagne...
Jusqu'à ma gloire en vain tu voudrais t'élever; Auprès du mien, ton rôle est sans nulle importance. » Le microscope alors : « Pour qui sait observer. Que lui font des objets la grandeur, la distance ? Tous, indistinctement, Dieu sut les abreuver Des flots de son amour et de son harmonie i Chaque être s'alimente à la source infinie... Donc, appréciez mieux nos rôles différents:
A moi la terre, & vous les célestes royaumes; Mesurez les soleils, laissez-moi les atomes : Tous, à titres divers, sont également grandi. »