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V. — LE RHONE ET LE LAC DE GENÈVE

Le Rhône, rapide, écumant.

Roule du haut des monts et se fraie un passage

A travers les eaux du Léman.

Le lac lui dit un jour : a Écoute un avis sage : Dans mon lit calme et pur endors-toi mollement;

Quelle impatience t*irrite?

Vois : contre les vents orageux De mille sommets neigeux

L'étemel rempart nous abrite* Pour goûter désormais un facile repos,

Laisse mon onde avec tes flots

Se marier et se confondre... »

Mais le fleuve, sans lui répondre.

Précipite sa course. Ah ! c'est qu'il veut remplir

Sa tâche utile et glorieuse, Quoiqu'en ses profondeurs une mer furieuse

Doive bientôt l'ensevelir.

Tout fier du but qu'il se propose.

Il se h&te, et chaque cité.

Et chaque rive qu'il arrose Lui doivent la richesse et la fertilité.

Beau fleuve, ainsi que toi jamais ne se repose Celui qu'une foi vive est venue agiter.

Par une main divine il se laisse conduire, Et, tout au seul devoir dont il sait s'acquitter,

Le danger ne peut l'arrêter.

Le plaisir ne peut le séduire.

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