‹ FablesChapitre 191 sur 247 · VIL — LE NID ABANDONNÉ · texte numérisé non relu

VIL — LE NID ABANDONNÉ

« Oiseau, je te vois, effaré.

Fatiguer l'air à grands coups d'aile.

De ta compagne si fidèle

La mort t'a-t-elle séparé?

Dis le sujet de ta souffrance...

— J'avais, par des soins assidus,

B&ti mon nid, douce espérance !

Hélas ! soins et travaux perdus t Parcourant les forêts, une troupe bruyante A jeté dans mon cœur le trouble et l'épouvante.

Adieu ! ne me retenez plus ; Puisque le ciel encor me permet que je ponde. Laissez-moi demander à des bois plus touffus

Une retraite plus profonde. »

Vous le voyez, Toiseau veut couver en secret. Malheur s'il n'a pu fuir le regard indiscret t

La plante germe sous la terre :

Avant que, glorieuse, elle apparaisse a\]i Jour, Â toute œuvre de foi, de génie et d'amour,

Il faut l'ombre, il faut le mystère.

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